l’Association Lire et Ecrire avec
Lolvé Tillmanns
Après le projet pilote Le retour de Mara Roux, un 2ème projet a démarré à l’automne 2024. Il réunit le même partenaire social (l’Association Lire et Ecrire Vaud, rejointe par les sections Genève et Neuchâtel) et l’autrice genevoise Lolvé Tillmanns.
Phase 1 : Création d’un panier d’inspiration
Le projet démarre avec des rencontres entre les médiatrices culturelles de l’Association Lignes et 2 groupes d’apprenant·es de l’Association Lire et Ecrire. Un groupe est à Yverdon, il est composé d’une formatrice (Conny) et de 8 apprenant·es (Anaïs, Eunice, Hassan, Leandro, Karen, Katia, Janet, Marco). Un autre groupe est à Genève, il est composé d’une formatrice (Manon) et de 6 apprenant·es (Nicole, Déborah, Yolanda, Nathan, Jocelyn et Khadijia). Ces rencontres s’appuient sur l’imagination des apprenant·es pour constituer un panier d’inspiration donné ensuite à l’autrice.
Faire émerger des thèmes
Les médiatrices proposent plusieurs jeux en utilisant des cartes postales comme support visuel.
Un premier jeu permet à chacun·e de s’exprimer individuellement et de faire émerger des thèmes selon son parcours de vie et ses intérêts.
Voici quelques-uns des thèmes identifiés :
La nature, prendre soin de soi, la solitude, être mis·e à l’écart, la religion, le pouvoir de la femme, être amoureux·se et s’oublier, la pluie, le ciel bleu.

Micro-récits
Le deuxième jeu, toujours à partir de cartes postales, se déroule en petits groupes de deux ou trois personnes. L’objectif est de créer ensemble une petite histoire avec un personnage, un lieu et une action.
Pour la plupart des participant·es c’est une découverte car ils et elles n’ont pas l’habitude d’imaginer des histoires.
Voici 3 des 21 petites histoires créés par les groupes d’Yverdon et de Genève :
1. C’est une chanteuse très connue. Chez elle, elle a toujours les rideaux fermés et elle est sur le qui-vive pour voir si des paparazzis sont dehors et cherchent à la photographier.
2. Van Gogh a été invité à une soirée, il boit trop et il se réveille le matin au milieu des rails du train sans savoir où il est. Quelqu’un à la fenêtre d’un immeuble lui crie de s’éloigner des rails car un train va arriver. Il a mal à la tête tout le reste de la journée.
3. Laura est triste et perdue. Elle se promène dans la forêt. Elle regarde une grande lumière. Elle suit la lumière et trouve un monde parallèle, mystérieux et magique, dans lequel elle pénètre. Puis Laura entend un bruit et trouve des gens qui font la fête, elle s’amuse avec eux.
Genres littéraires
Une histoire c’est aussi un genre littéraire. Pour compléter le panier d’inspiration, les médiatrices font écouter des ambiances musicales pour présenter différents genres aux participant·es :
– Sentimental
– Enquête
– Fantastique
– Aventure
– Historique
– Récit de vie
– Humour
Pour mieux faire comprendre les différences selon le genre choisi, elles leur proposent d’imaginer une histoire neutre basée sur :
– Un personnage
– Ses habitudes au quotidien
– Un événement
– Les conséquences de cet événement
– La résolution de l’histoire
Cette histoire neutre est ensuite déclinée dans différents genres. L’histoire change à chaque fois en fonction du genre.
À Yverdon comme à Genève, les participant·es apprécient plus particulièrement les histoires avec un peu de suspense et de romance.
Phase 2 : Écriture
Le panier d’inspiration est remis à l’autrice Lolvé Tillmanns. Elle choisit certains éléments pour l’écriture de son roman intitulé « Les matins de Rania ».
Elle transmet une 1ère version du roman à l’Association Lignes qui se charge ensuite de le mettre en page pour les relecteurs et relectrices de l’Association Lire et Ecrire, avec les critères suivants :
- Police de caractère Arial 12
- Interligne 1,5
- Pas de justification à droite
- Pas de mot coupé en fin de ligne
- Aération autant que possible entre les paragraphes, etc.
Phase 3 : Relectures
Plusieurs groupes de l’Association Lire et Ecrire répartis dans les cantons de Vaud, de Genève, mais aussi du Valais et de Neuchâtel lisent cette 1ère version du roman.
Ces participantes et participants de ces groupes sont experts de leurs difficultés de lecture et vérifient le texte en cours d’élaboration. Elles et ils transmettent leurs commentaires, liés aux difficultés de compréhension qu’elles et ils peuvent rencontrer. Tous ces commentaires sont notés sur le manuscrit qui, à la fin des relectures, est transmis à Lolvé Tillmanns. Elle tient compte des remarques et les inclut dans la rédaction du texte définitif.